Correspondance avec Anne Lecap

par | 8 janvier 2012

Anne LecapLes élèves de 5ème C ont écrit à Anne Lecap pour son livre « Quand la révolte gronde ».
Cette dernière a répondu rapidement et chaleureusement à leurs questions.

J’aurais aimé savoir ce qui vous a motivée à écrire ce livre sur cette période de l’histoire.
Pourquoi avez-vous choisi cette époque, ce sujet particulier des événements de 1936 ?

J’avais envie de parler de cette formidable période de 1936, une période de révolte
contre l’exploitation, une période d’espoir, de solidarité et de victoires malgré les
menaces. De nombreux français y ont gagné une nouvelle dignité, dont nous avons
hérité.

Pourquoi avoir choisi la ville de Privas ?

C’est la ville de mon enfance, j’y suis restée jusqu’à l’âge de neuf ans et j’en garde de
beaux moments d’émotion , un attachement à certains lieux et une tendresse pour
certains personnages que l’on retrouve dans mon roman. J’ai toujours plaisir à
retourner à Privas ou à l’Escrinet, à retrouver les châtaigniers et à faire mon « tour de
ville ».

Avez-vous pensé à d’autres prénoms avant de choisir Emilie ? Pourquoi avoir choisi ce prénom
pour l’héroïne ?

C’est un prénom qui me rappelle l’enfance et j’ai vérifié qu’il était bien courant à cette
date. Y a-t-il une Emilie dans votre classe ? Un Vincent ? Juliette ? Rémi ?

Est-ce qu’Emilie ressemble à quelqu’un que vous avez connu, ou une personne de votre famille ?

Je l’ai peu décrite physiquement pour que chaque lecteur puisse l’imaginer à sa façon.
Elle ne ressemble pas à quelqu’un en particulier mais j’aime sa détermination et ses
inquiétudes (sur l’amour ou pas que lui porte Vincent) Et vous qu’avez-vous aimé chez
Emilie ? Et chez Vincent ?

Comment vous est venue l’idée de mélanger des personnages fictifs et des personnages réels ?

Pour écrire l’histoire d’Émilie et Vincent, j’ai pu rencontrer des témoins et acteurs de
cette période riche et mouvementée. Et j’ai voulu qu’on en retrouve certains, c’est le cas
de Germaine Brunel et du vendeur de primeurs dont le fils m’a beaucoup aidé dans les
recherches.

Comment avez-vous fait pour rencontrer les témoins du passé ?

Des amis, des recherches sur internet ou en mairie m’ont permis de rencontrer ses
témoins, c’étaient des moments précieux car certains ne sont plus là aujourd’hui et je
voulais transmettre une part de leur mémoire que vous ne pourrez plus entendre
directement

A partir de quels documents avez vous écrit ce livre ? Vous vous êtes inspirée d’un autre livre ?

J’ai consulté de nombreux documents, vous aurez l’essentiel dans les pages
« Remerciements ». J’ai aussi trouvé chez des amis et aux « puces » de nombreux
documents « d’époque » (cahiers, livres, puzzle, serviette de table, journaux avec images
du fusil du patron Bertier, des serviettes éponges du premier atelier , de la bicyclette de
Rémi..) que j’ai glissés dans le cartable d’Emilie et que je fais circuler dans les classes
lors des rencontres.

Combien de mois avez-vous consacré à l’écriture de ce livre ?

Comme je suis professeur, que j’ai une vie de famille bien remplie et que je fais
beaucoup de recherches, cela me prend environ 1 an et demi/deux ans ; je travaille sur
mes romans les vacances, la nuit parfois et tous les vendredi comme aujourd’hui mais
là je prends un peu de temps pour vous répondre et je délaisse un moment mes
personnages qui fouillent l’atelier de L’Encyclopédie de Diderot à la recherche de
manuscrits interdits par le roi…

Souhaitez-vous faire une suite à votre livre ?

Pas de suite mais si vous voulez me lire, mon roman « Baptiste sans port d’attache » sort en
janvier :
« Lyon, 1756. Enfant abandonné, Baptiste a été confié à une famille de paysans. Mais à 13 ans, il
décide de partir à l’aventure pour retrouver sa mère et devenir marin.
En ville, Baptiste doit braver les lois pour gagner sa liberté et tisser de belles amitiés. Un jour,
enfin, il s’embarque sur le Rhône vers le port de Toulon pour réaliser son rêve… »
« Baptiste eut juste le temps de tourner la clé et de sortir, déjà le responsable des archives de
l’hôpital hurlait :
– Eh ! Toi ! Reviens là !
Baptiste n’entendit pas la suite, il dévalait l’escalier. Il se retrouva bientôt dehors, le cœur battant. Il
lui fallait à présent affronter la ville. »
Anne Lecap, Baptiste sans port d’attache, Flammarion jeunesse, 2012, 260 p, 5€70

Est-ce que vous écrivez aussi des albums ?

J’ai essayé, l’histoire d’une princesse vivant au royaume des petits pois et qui ne les
aime pas, mais cela n’a pas retenu l’attention d’un éditeur, il faudra que je retravaille le
texte. C’est un art – comme beaucoup d’autres arts ou métiers – où il faut croire en ses
rêves ET se donner les moyens de les accomplir.

Est-ce que vous écrivez en ce moment un autre roman?

Oui et d’ailleurs j’y retourne, la marquise de Pompadour attend les informations qu’elle a
demandé à sa petite « mouche » préférée.